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Bon Air

Une heure de route sépare Guéthary de Léon, ce village tant apprécié des musiciens pour son fameux studio du Manoir. C’est là-bas, au coeur des Landes, que Bon Air a enregistré son nouvel
album. Et c’est chez eux, à Guéthary, qu’une partie de l’inspiration de ce nouvel album est née. L’autre source se trouve à 20 000 kilomètres de là, dans cette Nouvelle-Zélande où débutait il y a huit ans l’aventure humaine et musicale de Gaëtane Abrial et Guillaume Farré.

Un territoire sauvage, si loin de chez eux et en même temps si proche de leur style de vie de nomade. Partir aubout du monde pour retourner à l’essentiel. Into the wild, autour et en soi.
Oui, ils sont « Sauvage » comme ils scandent et le sifflotent dans le single éponyme. Sauvages par leur propension à épurer le discours comme on s’allège de nos armures ( « On casse nos habitudes,on s’habitue à la solitude » ), à courir les lignes d’horizon tout en « se laissant porter » , les aventuriersde l’instant présent : une guitare acoustique mid-tempo, un nuage de synthés, des choeurs de sirènes, des sirènes de six-cordes électriques. Un hymne pop-rock sur lequel on retrouve les arrangements délicats, a minima, de l’esthète Talisco. Ils sont ces  » Voyageurs éphémères  » , qui « dérivent et rêvent à l’envers » , un banjo sautillant, une errance volontaire.

Le duo s’est mis à nu, au diapason de cette nature splendide, volcanique, parfois effrayante, qu’offre le Pays du long nuage blanc. Cet album sera une fresque, un voyage émotionnel, avec textes en anglais et en français, des jeux de textures et de tonalités, des modes majeurs, mineurs, calés sur les battements du coeur : « Cet album est une évidence, des moments de magie où tout jaillit sans réfléchir » , souligne Gaëtane.
« A Léon, c’était un peu comme si nous étions en colo ! » C’est au Manoir, en toute liberté, dans des conditions quasi live et épaulé par le sorcier des studios Talisco, que Bon Air a poli ses pépites pop-rock et fignolé la bande originale des mois maoris : « Cet album nous représente totalement, car il correspond à notre mode de vie. Notre préoccupation première n’est pas tant la musique que la volonté de vivre dans l’instant, en fonçant tête baissée vers cette vie sauvage. » On y retrouve leur univers indie-pop, épicé de déchirures électriques, de caresses électro, de choeurs qui claquent comme des tambours tribaux. Les guitares acoustiques posées en avant, mais pas que. A l’image du titre  » Back To The Roots « , éthéré, subtil et aérien, un déluge d’émotions qui, un soir au Manoir, a soudain submergé Gaëtane. Une mélodie limpide, une plongée en anglais : une seule prise aura suffi.  » Take Me Now  » , une chevauchée dans l’univers folk soyeux des années 70 aux arrangements de cordes actuels. Ou encore  » Si Demain  » , une complainte folk à fleur de peau, en peu de mots, un moment de grâce appuyé par des chants envoûtants, née dans leur caravane, sous les étoiles d’Océanie.

A l’instar d’une fratrie comme Angus et Julia Stone ou d’un couple des seventies comme les vibrants Richard et Linda Thompson, Gaëtane et Guillaume ont, eux aussi, trouvé l’alchimie, cette symbiose entre deux personnes qui abolit les frontières. Pour ce tandem, tout est potentiellement source d’inspiration, de plaisir et de rencontres, de singulier et d’imprévisible, à condition de ne jamais renier sa simplicité comme lors de ce Mystique Tour où, à bord d’un van qui leur a servi de maison ambulante, Gaétane et Guillaume ont effectué l’été dernier une tournée dans des maisons et appartements de particuliers. « Une bonne façon de rester totalement connectés au réel », soulignent-ils tout en lorgnant depuis la terrasse de Guéthary les vagues qui commencent à déferler.

Le surf, essentiel à l’équilibre du duo ainsi que le kite-surf que Guillaume pratique du côté de Narbonne. Quelles que soient les planches qu’il foule, Bon Air souffle chaud sur les productions pop-folk actuelles.
Bon vent, les Bon Air.